Conte de korrigan

korrigan35.jpgL’ENFANT SUPPOSE 

 

Marie la belle est affligée ; elle a perdu son cher Loïk : la Korrigan l’a emporté. 

 

-         En allant à la fontaine puiser de l’eau, je laissai mon Loïk dans son berceau ; Quand je reviens à la maison, il était loin ; Et à sa place, on avait mis ce monstre ; dont la face est aussi rousse que celle d’un crapaud, qui égratigne, qui mord sans dire un mot ; Et toujours demander à téter, et à sept ans passés, et n’est pas encore sevré. 

 

-         Vierge Marie, sur votre trône de neige, avec votre fils dans vos bras, vous êtes dans la joie, moi dans la tristesse. Votre saint enfant, vous l’avez gardé ; moi j’ai perdu le mien. Pitié pour moi, mère de la pitié ! 

 

-         Ma fille, ma fille, ne vous affligée pas ; votre Loïk n’est pas perdu ; votre cher Loïk sera retrouvé. Qui feint de préparer le repas dans une coque d’œuf pour dix laboureurs d’une maison, force le nain à parler. Quand il a parlé, fouettez-le, fouettez-le bien ; quand il a bien été fouetté, il crie ; quand il a été entendu, il est enlevé promptement. 

 

-         Que faites-vous la ma mère, disait le nain avec étonnement ; que faites-vous là ma mère ? 

 

-         Ce que je fais ici, mon fils ? je prépare à dîner dans une coque d’œufs pour dix laboureurs de ma maison. 

 

-         Pour dix, chère mère, dans une coque d’œuf ! j’ai vu l’œuf avant de voir la poule blanche, j’ai vu les chênes dans l’autre Bretagne, et n’ai jamais vu pareille chose. 

 

-         Tu as vu trop de choses, mon fils ; clic ! clac ! clic ! clac ! vieux gaillard, ah ! je te tiens ! 

 

-         Ne le frappe pas, rends-le-moi ; je ne fais pas de mal à ton fils ; il est notre roi dans notre pays. 

 

Quand Marie s’en revint à la maison, elle vit son enfant endormi dans son berceau, bien doucement. 

Et comme elle le regardait toute ravie, et comme elle allait le baiser, il ouvrit les yeux ; 

 

-         hé !mère, j’ai dormi bien longtemps ! 

 

 

 

 

Version collectée par Hersart de la Villemarqué dans le Bazar-Breiz 

 

 

 


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